Jean Paul II et Mère Thérèse de Calcutta Sonia Andreoli |
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L’image du Christ souffrant
Jean Paul II a laissé une “marque” dans l’histoire” non seulement chez les gens qui croient en Dieu, ou chez les catholiques convaincus, mais aussi chez ceux qui l’ont apprécié en tant qu’homme « cohérent » avec ses idées et le choix de sa foi. Son pontificat si long a donné le témoignage de son grand désir de vouloir suivre le Christ en tout, c’est bien ce qu’il a fait dans les années qui ont précédé son pontificat et que les medias ont porté à notre connaissance.
Même les non-croyants et ceux qui appartenaient à d’autres religions l’ont admiré : ce qui a poussé beaucoup d’autres gens à réfléchir : quiconque l’a regardé pour un seul instant a été fortement frappé par cette « lumière particulière » qu’émanaient ses yeux mais ses gestes aussi.
N’oublions pas que s’il est vrai que chacun de nous possède dans son intérieur une “étincelle divine” il est aussi vrai que des figures telles que Jean Paul II – ou Mère Thérèse de Calcutta – ont été ,et à plus forte raison, des instruments de Dieu, de sorte que la petite « étincelle » petit à petit s’est transformée : elle est devenue toujours plus grande, visible et féconde. Cela nous a permis de comprendre et même de « toucher de nos » mains que le Bon Dieu a un « grand projet » pour chacun de nous. Le Seigneur est là, il nous attend, il attend que, librement, nous Lui ouvrons la porte de notre cœur.
Si nous apprenons à juger les saints, ou ceux qui s’efforcent d’atteindre à la sainteté grâce à la vie qu’ils mènent, une vie vécue dans l’amour de Dieu et au service du prochain, non comme des « êtres particuliers » ou doués de quelque « pouvoir exceptionnel », mais comme nos frères ayant notre même nature, nous ne nous donnerions pas de complaisantes « atténuantes » quand nous ne réussissons pas à suivre leur exemple.
Nous tâchons toujours de repousser la souffrance, ou la jugeons comme une condamnation. Assez souvent il nous arrive de prier et de nous adresser aux saints dans le but d’ en être « épargnés ». Y-a-il quelqu’un qui ne s’est pas adressé au bon Dieu pour Lui demander de ne pas avoir affaire à la souffrance....? En tant que créatures humaines nous sommes limités et fragiles, mais justement à cause de cette condition il nous faut – avec la grâce de Dieu – une Foi très forte qui puisse nous permettre, après avoir dit comme le fit Jèsus au Getsemani, d’ « éloigner de nous l’amer calice », de nous rappeler que Jésus se mit, dans ce terrible moment, entre les mains de son Père tout en acceptant sa passion si douloureuse et la mort qui s’en suivit....
Alors qu’il nous arrive ,et à juste raison, de penser: « Oui, mais Il était le Fils de Dieu...et nous ne sommes que de simples êtres humains... », il faut se souvenir que Jésus,outre à la nature divine avait aussi la nature humaine, et qu’il a donc supporté des souffrances atroces que chacun de nous dans sa même situation aurait à affronter,mais, avec cette différence : tout ce qu’Il a souffert Il l’a fait pour nous et a même affronté le sacrifice de la croix pour notre salut...
Les miracles qui “frappent” davantage l’opinion publique sont les guérisons miraculeuses. Il est évident qu’elles jouent un rôle important, mais ce sont des « marques » d’un horizon plus étendu que seul le Saint Esprit nous permet d’apercevoir... revenons à notre étude sur Jean Paul II : si la Vierge Marie l’a sauvé de la mort phisyque au moment de l’attentat, n’aurait-Elle pu lui éviter les autres maux qui l’ont atteint...? Bien sûr...
Il est hors de doute qu’une tout autre mission attendait ce grand Pape: Jean Paul II devait représenter sur la terre l’image du visage du Christ souffrant... Comment pouvait-on ne pas remarquer la grande souffrance qui s’emparait de lui, au cours de « ses derniers temps » quand il ne réussissait pas à souffler mot ? Il avait toujours été un homme très actif,mais à la fin de sa vie le voilà réduit à l’invalidité... Mais la « lumière » qui l’avait toujours accompagné ne s’était pas du tout éteinte, bien au contraire : il suffisait de le regarder dans les yeux pour y lire un grand amour, le même amour qui n’était que le « reflet » de sa consacration au Christ et que le témoignage de s’être entièrement « adonné » à la Vierge Marie, exprimé dans son Totus tuus".
C’est du vrai amour envers Dieu que naît la force « positive » qui nous pousse à aimer les autres, même quand ils nous paraissent si différents de nous. La plupart des gens a apprécié le fait d’avoir pardonné à celui qui avait failli le tuer, mais cela ne devrait pas nous surprendre: comment peut-on suivre le Christ sans appliquer dans sa propre vie ses enseignements...? C’est le même critère qu’on devrait appliquer dans la prière: il est bien facile de louer le Seigneur quand tout « va » selon nos désirs, il arrive même de ne pas le remercier du tout ; par contre il est plus facile - et plus fréquent – de « l’accuser » de nos malaises sans comprendre que pas toujours nos « buts » correspondent aux Siens et que souvent ce qui peut passer pour un malheur en fin de compte ne l’est pas, et que bien au contraire, c’est une grâce.
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Mère Thérèse de Calcutta |
Combien d’entre nous ont affirmé être « reconnaissants » d’avoir été malades parce que cela les a rendu moins « aveugles »...? Quelquefois ce qui, à l’apparence, pourrait sembler être « un long calvaire » a en soi une grande lumière... Jean Paul II n’a pas reculé devant son « calvaire personnel » il l’a accepté sans mot dire, et en faisant cela il nous a appris comment il faut servir le Seigneur dans toutes les circonstances et Le payer toujours de retour. C’est que nous devons toujours nous rappeler que nous sommes de passage sur cette terre et que si nous offrons à Dieu toutes nos souffrances, elles contribueront à nous faire « conquérir » le prix véritable...la vraie vie où il n’y aura plus de place ni pour la douleur ni pour toute sorte de maladie.
Voilà le but de tout chrétien, cela devrait nous aider à ne pas nous décourager dans les moments les plus « sombres » en nous rappelant que le Seigneur ne nous abandonne jamais et qu’Il n’est pas sourd à nos requêtes d’aide. Bien au contraire: la plupart du temps c’est nous qui ne comprenons pas jusqu’à quel point Il nous aime, et, pris par notre « routine » nous n’écoutons pas sa voix.
Servir le Bon Dieu, être de ses instruments actifs, voir la vie comme une « véritable mission » n’est pas donné à peu de gens, cela n’est pas réservé à ceux qui appartiennent à des ordres religieux... Cet appel concerne tout le monde, et quand on rencontre Jésus sur son chemin on ne peut se passer de le suivre...
Mère Thérèse de Calcutta: une vie dédiée à son prochain
Qu’est-ce qui lie la figure de Jean Paul II à la « petite » grande Mère de Calcutta... ? Les deux ont tiré leur force de la Foi, de la contemplation méditative de Dieu ; les deux ont dédié leur vie à l’aide de leur prochain, et par « prochain » ils entendaient vraiment « tous » : Mère Thérèse aidée par ses consœurs, ne demandait pas à ses « malades », c’est-à-dire à ceux qu’elle soignait si généreusement, quel était leur « crédo », mais elle les soignait tous parce que c’étaient des créatures de Dieu.
Rappelons que St François eut, tout au début, des réticences face au lépreux…C’est que notre côté « humain » réclame toujours ses droits, est sensible aux « mauvaises odeurs », éprouve des sympathies et des antipathies... Mais puisque nous nous sentons forts dans notre « faiblesse », comme le dit St Paul, c’est-à-dire que notre force ne vient que de Celui qui peut nous la donner, et grâce à elle nous pouvons surmonter tant de limites humaines...
Il y a eu qui a critiqué Mère Thérèse alors qu’elle rencontra la Princesse Diane, mais avec l’humour dont elle était douée, elle dit qu’elle n’avait pas vu la Princesse Diane mais Diane la malheurese...voilà un autre don du Saint Esprit, elle avait le don de pouvoir « lire » dans les coeurs et de voir « bien au-delà de ce que voient les yeux de la chair », un don qui lui permettait de donner amour à ceux qui étaient malheureux ou à ceux qui sont loins de la lumière divine.
Qui aurait soupçonné qu’une femme si profonde et altruiste éprouve un sentiment d’ « aridité » spirituelle et pense que Dieu est loin d’elle... ? Pourtant ses écrits nous témoignent que c’était ainsi, malgré cela elle a continué au cours des années à aimer et servir le Seigneur, sans pour autant négliger les heures dédiées à la contemplation et la prière.
On raconte que – pour confirmer l’importance qu’elle donnait à l’adoration de Notre Seigneur – un jour elle accompagna à la porte un prêtre qui, pendant un cours pour elle et ses consoeurs, avait dit qu’il n’était pas « indispensable » de s’agenouiller devant Notre Seigneur, mais que le simple geste de courber le dos pouvait suffire. Mère Thérèse lui dit qu’il nétait pas « indispensable » de revenir chez elles.
Les religieuses de l’ordre de Mère Thérèse font toujours «coexister» leur apostolat avec une vie contemplative très intense, et témoignent du fait qu’ on ne peut « s’excuser » de prier peu par faute de temps : tout le monde sait comment ces religieuses emploient leur temps en aidant les besogneux, pourtant elles n’oublient jamais Celui qui doit avoir la suprématie sur tout et tous : notre Seigneur...!
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